Qu’est-ce que le spread en trading ?

mars 18, 2026

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Par Algernon Morneau

Le spread en trading correspond à l’écart entre le prix auquel vous pouvez acheter un actif et celui auquel vous pouvez le vendre à un instant donné. Il représente un coût implicite pour le trader. Il est présent même lorsque le broker annonce 0 commission, car il est directement intégré dans les prix affichés sur la plateforme.

Définition du spread en trading

Sur les marchés financiers, chaque actif possède deux prix. Le prix bid est celui auquel vous pouvez vendre immédiatement un actif. Le prix ask, lui, correspond au prix auquel vous pouvez l’acheter. Le spread représente simplement la différence entre ces deux valeurs. Autrement dit, c’est l’écart entre le prix de vente et le prix d’achat proposé sur le marché.

Prenons un exemple concret. Une action est cotée autour de 10 €. Sur votre plateforme, vous pouvez l’acheter à 10,05 € (ask) et la vendre à 9,95 € (bid). L’écart entre les deux est donc de 0,10 € : c’est le spread. Contrairement à une commission clairement affichée, il est directement intégré dans le prix d’exécution des ordres.

Comment calculer le spread ?

Le calcul du spread est très simple. Il suffit d’appliquer la formule suivante : Spread = Prix ask − Prix bid. Si vous pouvez acheter un titre à 50,20 € et le vendre à 50,10 €, le spread est de 0,10 €.

Sur le marché des devises (Forex), le spread est généralement exprimé en pips. Par exemple, si la paire EUR/USD est cotée à 1,0984 à l’achat et 1,0983 à la vente, la différence est de 0,0001, soit 1 pip.

ActifPrix achat (ask)Prix vente (bid)Spread
Action ABC50,20 €50,10 €0,10 €
EUR/USD1,09841,09830,0001 (1 pip)

Dès que vous ouvrez une position, vous êtes immédiatement dans le rouge du montant du spread. Le marché doit donc évoluer dans le bon sens avant d’atteindre votre seuil de rentabilité.

Pourquoi le spread varie-t-il d’un actif à l’autre ?

Le spread dépend en grande partie de la liquidité d’un actif. Plus un marché est échangé, plus l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente est réduit. Les grandes paires de devises ou les actions très liquides présentent généralement des spreads plus serrés que les petites capitalisations.

La volatilité influence également cet écart. Lors d’annonces économiques importantes ou pendant des périodes de forte agitation sur les marchés, les spreads ont tendance à s’élargir. Les intermédiaires financiers augmentent cet écart pour se protéger face aux mouvements rapides des prix.

Enfin, les horaires de marché jouent aussi un rôle. La nuit ou en dehors des heures d’ouverture des grandes places financières, la liquidité diminue. Le spread devient alors souvent plus large.

Spread fixe ou spread variable : lequel choisir ?

Certains brokers proposent des spreads fixes, qui restent constants, quelle que soit la volatilité du marché. Cette solution offre une meilleure prévisibilité des coûts, mais ces spreads sont généralement plus élevés que les spreads variables dans des conditions normales.

Les spreads variables, eux, évoluent en fonction de la liquidité du marché. Ils peuvent être très serrés pendant les périodes actives, mais s’élargir brusquement lors d’événements économiques ou de fortes fluctuations.

Il faut également rester prudent face aux offres affichant des spreads proches de 0 %. Les brokers couvrent toujours leurs coûts d’une manière ou d’une autre, que ce soit via le slippage, des commissions indirectes ou d’autres frais intégrés.

Tous les brokers pratiquent-ils les mêmes frais de spread ?

Comme l’indique  ce comparatif entre XTB et Trade Republic, les frais varient sensiblement d’un courtier à l’autre, et le spread n’est pas toujours la seule variable à considérer. Certains brokers intègrent leur rémunération directement dans le spread, notamment sur les CFD. D’autres facturent une commission fixe par ordre, indépendamment de l’écart acheteur/vendeur.

D’autres encore combinent les deux. XTB et Trade Republic illustrent bien cette différence d’approche. XTB ne facture aucuns frais de transaction jusqu’à 100 000 €/mois sur les actions et ETF. Sa rémunération sur les CFD repose sur le spread intégré dans le prix d’exécution. Trade Republic fonctionne sur un modèle différent : 1 € fixe par ordre, gratuit en DCA, sans spread distinct affiché.

Là où les deux brokers divergent davantage, c’est sur les frais de change. XTB prélève 0,5 % à chaque conversion de devise, quand Trade Republic ne facture rien sur ce poste. Cet écart peut peser sur la rentabilité selon les actifs choisis. Ces deux approches montrent qu’un spread bas ne signifie pas forcément des frais totaux plus faibles. Il faut toujours considérer l’ensemble des coûts de transaction.

Le spread a-t-il le même impact selon votre façon d’investir ?

L’impact du spread dépend de votre style d’investissement. Pour un trader court terme pratiquant le scalping ou le day trading, ce coût devient crucial. Chaque transaction ajoute un spread, et sur plusieurs dizaines d’opérations, le coût total peut devenir important.

Pour un investisseur long terme, l’effet est généralement beaucoup plus limité. Le spread n’est payé qu’à l’achat et à la vente, et son impact se dilue dans la durée de détention de l’actif.

Comment réduire l’impact du spread sur vos transactions ?

Pour limiter l’impact du spread, vous avez intérêt à privilégier les actifs les plus liquides. Tournez-vous vers les grandes capitalisations boursières ou les paires majeures du Forex telles que EUR/USD ou USD/JPY.

Trader pendant les heures d’ouverture des marchés peut aussi faire la différence. En ces moments, la liquidité est plus forte et les spreads ont tendance à se resserrer. L’utilisation d’ordres limités peut également vous aider à mieux maîtriser votre prix d’exécution. Enfin, comparer les structures de frais des brokers reste essentiel. Le spread affiché ne reflète pas toujours le coût réel d’une transaction.

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